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Ordinateur

Bien que l'informatique soit une science relativement jeune, elle est plutôt vaste et évolue à une vitesse phénoménale. Pour ces raisons, il serait impensable de couvrir toute la matière dans le cadre d'un cours comme celui-ci. Nous nous concentrerons donc sur l'ordinateur personnel, et principalement sur sa programmation.

Étymologie​

La constitution d'un mot nous en dit souvent long sur sa signification et son origine. C'est le cas de l'Informatique dont le mot-valise a été créé en 1962 par Philippe Dreyfus, ancien directeur du centre national de calcul électronique de la société Bull, pour nommer son entreprise « Société d'informatique appliquée ». Le terme a été composé à partir des mots « Information » et « Automatique ». À noter que l'allemand Karl Steinbuch utilise le terme « Informatik » dès 1957 dans un article. Philippe Dreyfus ne déposa pas ce mot en tant que marque, ce qui permet à tous de l'employer. Et la légende veut que ce soit Charles de Gaulle qui aurait, en Conseil des ministres, tranché entre « Informatique » et « Ordinatique », mais le terme a été retenu par l'Académie française en 1966 et entériné en 1967.

Encore là, faudrait-il s'entendre sur un terme. Celui de l'Ordinateur Personnel. Le terme rejeté par de Gaulle aurait pu nous mettre la puce à l'oreille quant à l'origine du mot. Mais il y a beaucoup plus longtemps que ce mot a vu le jour. En 1955, la filiale française d'IBM veut intégrer ses machines électroniques à la France et désire lui trouver un nom. François Girard, responsable de la publicité, s'adresse, au nom du président de l'entreprise Christian de Waldner, à l'un de ses anciens maîtres pour lui demander des propositions de traduction qui soient plus explicite et plus conforme au génie de notre langue. C'est Jacques Perret, professeur de philologie latine à la Sorbonne qui est consulté. Il fait des propositions, dans une lettre devenue célèbre, datée du 16 avril 1955 :

Lettre de Jacques Perret

Dans celle-ci, il explique qu'un terme existe déjà en tant qu'adjectif désignant : « Dieu qui met de l'ordre dans le monde ». La signification peut paraître troublante. Mais Jacques Perret considéra que les deux champs de significations, la religion et la comptabilité étaient éloignés. Et que de toute façon, le vocabulaire théologique ne concernait pas assez de locuteurs pour causer des inconvénients majeurs. Il propose donc plusieurs termes et penche vers « ordinatrice électronique », c'est finalement le masculin qui l'emporta et IBM retenu « ordinateur ».

Nous connaissons maintenant le terme « Ordinateur ». Mais qu'en est-il vraiment puisque de nos jours, ils sont omniprésents : dans nos cellulaires, dans nos voitures, dans nos consoles de jeux vidéo, etc. Traçons les grandes lignes de l’histoire de l'ordinateur afin d'y découvrir les origines et les évolutions jusqu'à l'ordinateur de nos jours.

Machines​

Depuis des millénaires, l'homme a créé et utilisé des outils l'aidant à calculer. Au départ, la plupart des sociétés ont sans doute utilisé la main, ainsi que d'autres parties du corps, comme auxiliaires de calcul. Puis apparurent les entailles dans le bois, les entassements de cailloux, de coquillages ou d'osselets. Il est intéressant de remarquer que le mot « calcul » provient du mot latin « calculus » qui signifie « petit caillou ». Avec le temps, l'évolution a fait son chemin à travers l'abaque, la « Pascaline », l'électronique, le système binaire, etc.

Z​

À la charnière des années 1930 et 1940 apparurent quelques machines à calculer, dont la fameuse Z3, construite par Konrad Zuse chez ses parents et utilisée pour des calculs d'aérodynamique :

Z3

Celle-ci fut cependant détruite lors d'un bombardement Alliés durant la Seconde Guerre mondiale. C’est cette guerre qui donna l’impulsion décisive à la mise au point des premiers véritables ordinateurs électroniques.

Colossus​

Le Royaume-Uni déployait de grands efforts pour lire le trafic téléimprimeur du haut commandement militaire allemand. Bien que Bill Tutte ait reconstitué la structure interne de la machine « Lorenz » sans jamais l'avoir vue et conçu une méthode pour déterminer sa configuration pour décrypter ses messages, il était très difficile, voire impossible, de le faire manuellement dans un laps de temps raisonnable. Le professeur Max Newman préconisa donc de fabriquer une machine pour effectuer la tâche, et Tommy Flowers la conçut et la fabriqua.

Z3

« Colossus » était la première machine utilisant une logique de calcul électronique numérique programmable. Elle était composée d'environ 2 400 tubes à vide et lisait des rubans perforés à la vitesse d'environ 5 000 caractères par seconde. Une dizaine de machines ont été construites et leur existence a été tenue secrète jusque dans les années 1970, ce qui explique pourquoi de nombreux ouvragesa d'histoires de l'informatique n'en font pas mention. Winston Churchill aurait personnellement donné l'ordre de leur destruction en pièces pas plus grosses qu'une main, mais deux d'entre elles ont été conservées par les services secrets britanniques jusqu'en 1960.

ENIAC​

C'est l'ENIAC qui est souvent considéré comme le premier ordinateur tout électronique universel. Il a été commandé en 1943 par l'armée américaine afin d'effectuer les calculs de balistique, plus précisément les calculs des tables de tir. Il a été achevé en 1945 par Presper Eckert et John Mauchly. Physiquement, l'ENIAC était un monstre : il contenait 17 468 tubes à vide, 7 200 diodes à cristal, 1 500 relais, 70 000 résistances, 10 000 condensateurs et environ 5 millions de joints soudés à la main. Il occupait une surface de 167 mètres carrés et pesait 27 tonnes. Sa consommation était de 150 kilowatts. Il pouvait réaliser 5 000 additions simples chaque seconde. Il ne pouvait, en revanche, effectuer que 357 multiplications ou 38 divisions par seconde.

ENIAC

Il y a une anecdote intéressante à souligner concernant les ordinateurs électromécaniques. En 1947, des opérateurs du Harvard Mark II ont déterminé que la cause de son dysfonctionnement était un « bug » (qui signifie insecte en anglais), coincé entre deux contacts de l'un des relais de l'appareil. Le papillon de nuit a d'ailleurs été collé dans le journal de bord :

Bug

En raison de cette histoire cocasse popularisée par Grace Hopper, le terme lui est quelquefois attribué à tort. Le mot vient en fait du jargon des ingénieurs et désignait les défauts techniques qui survenaient. Même Thomas Edison dans les années 1870 utilisait ce terme dans ses notes.

Ordinateurs personnels​

C'est avec l'arrivée des circuits intégrés et des microprocesseurs que l'informatique a réellement explosé. En 1971, Intel dévoile son premier processeur commercial et quelques années plus tard, en 1975, nous avons droit à la diffusion à grande échelle des ordinateurs personnels.

Altair​

L'Altair a été développé par Ed Roberts et utilisait un processeur Intel 8080. Ce fut l'un des premiers ordinateurs personnels en kit produits en masse et environ 10 000 unités furent vendues :

Altair

C'est d'ailleurs à partir de cet ordinateur que Bill Gates et Paul Allen adaptèrent le langage BASIC, et fondèrent par la suite l'empire Microsoft :

Altair

Apple​

En 1976, Steve Wozniak conçut l'Apple I, que Steve Jobs entreprit de vendre. Pour produire la première série commandée par le Byte Shop, l'un vendit sa calculatrice programmable et l'autre sa fourgonnette. Ils en écoulèrent finalement environ cent soixante-quinze, au prix de 666,66 $ chacune :

Apple I

PC​

Vinrent ensuite l'Apple II, l'IBM PC, le Commodore 64 et, finalement, l'IBM PC AT en 1984 :

IBM PC

C'est au cours de cette décénnie que le PC devint l'ordinateur personnel dominant, principalement grâce à une architecture largement documentée et à la réécriture du BIOS par Compaq, qui permirent de le cloner.